


Frédéric Lanosvsky a accepté de déposer dans les jardins du Musée, certaines de ses sculptures magistrales pendant toute la durée de l’exposition Les Apprentis Sorciers. Il est bien évident que l’univers de cet artiste ne partage en rien celui de Liccia, Macréau ou Basquiat. A la joie de vivre débridée répond la résistance, à la fraîcheur des couleurs, une palette acide, à l’humour et la douceur, la dérision !
Ce n’était pas tant le goût du contraste qui a guidé le choix de cette manifestation extérieure que le désir de faire entrer un nouveau paramètre dans la réflexion portant sur le dialogue entre l’Art Brut et l’Art Contemporain. En effet, si les thèmes diffèrent en revanche une commune curiosité de la figure humaine et ses altérations, participe à la créativité de ces artistes.
Frédéric Lanovsky apporte, pour sa part, une nouvelle étrangeté : celle de la démesure. Cependant, à l’instar des artistes présentés intra-muros, il se montre très attentif aux principes d’illustration issus de la bande dessinée. Il lui emprunte les couleurs, une certaine calligraphie même, que l’on peut détailler dans son œuvre graphique.
L’art de Frédéric Lanovsky surprend ; non pas tant parce qu’il restitue, par exemple, l’image d’un monarque abscons mais surtout parce que, grâce à des sujets surdimensionnés, il empiète sur l’espace de notre quotidienneté. Les limites de la créativité ont échappé, malgré lui, aux frontières qui lui sont dévolues. Ses sculptures sont devenues des axes gravitationnels autour desquels la lumière, les couleurs, les transparences, les éléments de la nature, les architectures et même les humains se mettent à tourner, à vibrer. Ses sujets sont désormais de nouvelles mesures pour appréhender l’espace, non plus celui du visiteur mais celui de Frédéric Lanovsky.
Il a investi les lieux, il s’est approprié l’espace, il a fait œuvre de magie.
Serait-il aussi un Apprenti Sorcier ?